Nous sommes (étions, en fait) le 18 Janvier, un de mes pires élèves de segpa vient d'écrire sa leçon dans son CAHIER QU'IL VIENT D'ACHETER POUR ÉCRIRE SA LEÇON DEDANS, PUTAIN, QUOI !
Après un trimestre passé à écouter son baladeur et à envoyer des textos, c'est un victoire que je savoure.
Plus que 5 restant à faire la même chose et on sera à la fin Juin...
Kerre gross malheur, mais parfois ça vaut le coup, et sans coup de feu de tiré.
vendredi 20 janvier 2012
Le tube digesteur
L'étude du tube digestif est toujours une bonne occasion de rigoler et de mettre certains détails au point. Ca permet d'abord de flatter le côté pipi-caca de nos élèves (et le notre, parce qu'il n'y a pas de raison pour que nous ne rigolions pas un peu aussi, hein) et de répondre à des questions du genre : "pourquoi on vomit", "pourquoi on a la diarrhée" ? C'est trivial mais on ne leur apprend pas ces choses là, aux gosses de collège, donc, personnellement, je me fais une mission de leur apprendre, et c'est plus amusant.
Ensuite, le schéma ci-dessus permet de mettre en évidence le conflit socio-cognitif (comme on dit chez les didacticiens, heu heu) chez certains mômes. En effet, certains (et certaines) n'ont pas encore, en cinquième, une idée très précise de la tuyauterie qui compose leurs appareils digestif, urinaire et sexuel. Ce qui m'a amené à répondre à une question toute bête mais importante pour permettre de modifier la représentation qu'avait l'élève : "mais, monsieur, les point noirs, là, c'est de la merde ? Mais les bébés, ils sortent aussi par là ? Bêêêêê !" (Air dégoûté et incrédule).
La réponse fut toute aussi simple et triviale, le genre de moment qui n'arrive pas souvent : "le caca et les bébés ne sortent pas du même trou, ce sont des tuyaux différents".
Putain, ça va me manquer si un jour j'ai ma mutation à la campagne.
Ensuite, le schéma ci-dessus permet de mettre en évidence le conflit socio-cognitif (comme on dit chez les didacticiens, heu heu) chez certains mômes. En effet, certains (et certaines) n'ont pas encore, en cinquième, une idée très précise de la tuyauterie qui compose leurs appareils digestif, urinaire et sexuel. Ce qui m'a amené à répondre à une question toute bête mais importante pour permettre de modifier la représentation qu'avait l'élève : "mais, monsieur, les point noirs, là, c'est de la merde ? Mais les bébés, ils sortent aussi par là ? Bêêêêê !" (Air dégoûté et incrédule).
La réponse fut toute aussi simple et triviale, le genre de moment qui n'arrive pas souvent : "le caca et les bébés ne sortent pas du même trou, ce sont des tuyaux différents".
Putain, ça va me manquer si un jour j'ai ma mutation à la campagne.
vendredi 16 décembre 2011
Une heure de SEGPA
Avec les SEGPA, c'est dur. En gros, je n'arrive pas à grand chose. Ils ne veulent pas. Mais parfois, ils écrivent :
On remarquera que ce qui a été recopié l'est correctement sans erreurs et proprement, ce qui montre que ce jeune homme qui vient souvent sans trousse ni affaires voire sans sac peut faire, ou au moins reproduire un texte de belle manière. Notons également l'hommage à nos forces de l'ordre.
C'était le résultat d'une heure de leçon.
On remarquera que ce qui a été recopié l'est correctement sans erreurs et proprement, ce qui montre que ce jeune homme qui vient souvent sans trousse ni affaires voire sans sac peut faire, ou au moins reproduire un texte de belle manière. Notons également l'hommage à nos forces de l'ordre.
C'était le résultat d'une heure de leçon.
Les stages de troisièmes
En ZEP, les stages se déroulent souvent, soit dans des entreprises de la famille ou amis, soit dans un rayon de 500m (maximum) autour du quartier (j'exagère, mais pour 90% des stagiaires, c'est comme ça). En gros, 15 jours à pas se faire chier et à "découvrir" le-monde-de-l'entrprise. 15 jours pour se bercer d'illusions, c'est vraiment malheureux à dire. Pendant ce temps, ce sont les profs qui sont bien contents de pas les avoir en classe. Je dois dire que c'est reposant. Mais on leur souhaite pas de passer dans un pétrin... Certains d'entre eux sont tellement réfractaires à l'autorité qu'en général, ça clashe avec le patron au bout de deux jours et ils passent deux semaines peinards à traîner chez eux ou dehors.
A leur retour, déjà, bon, ils ont oublié tout ce qu'on a traité en classe et (presque) tout est à refaire, puis, ils rendent un rapport de stage qui parfois contient des trucs assezmarrants consternants :
A leur retour, déjà, bon, ils ont oublié tout ce qu'on a traité en classe et (presque) tout est à refaire, puis, ils rendent un rapport de stage qui parfois contient des trucs assez
vendredi 9 décembre 2011
Les parents, espèces en voie de disparition.
En ZEP, les parents, du moins certains, ne sont pas facile à rencontrer. Il faut déjà que le numéro donné par l'élève soit le bon et pas un faux, comme celui que nous a donné un élève de sixième qui pensait pouvoir faire le con impunément.
Egalement, l'opérateur ne doit pas avoir été changé ; c'est fou comme les numéros changent au cours de l'année, ou d'une année sur l'autre.
Certains parents ne parlent pas le français, donc, lorsqu'ils viennent, c'est accompagnés, soit de l'élève concerné, donc, là, tu t'adresses à lui et il traduit ce qu'il veut bien, ou alors, tu as droit au frère ou à la sœur qui se comporte comme le tuteur légal, c'est-à-dire à coups de torgnoles envers le petit frère (ou la petite sœur, pas de discrimination dans la violence).
En général, les parents non francophones sont souvent âgés et complètement dépassés. Pas malhonnêtes ou quoi que ce soit : ils voudraient bien que fiston soit sage et travaille. Quel parent ne le voudrait pas ?
Autre problème, ceux qui ont été tellement convoqués qu'ils ne se déplacent plus. A quoi bon entendre les mêmes reproches ? Le seul truc qu'ils te disent c'est : "je n'y arrive plus, il (elle) ne m'écoute pas, rentre tard, fait ce qu'il veut etc.
Donc, l'autre soir, c'était réunion parents profs. Deux classe que j'ai. Une quarantaine d'élèves. 10 parents sont venus volontairement avec leur enfant. C'était très bien. On a causé, j'ai eu droit à des promesses, oubliées dès le lendemain.
Comme je suis un peu tordu et que 10 parents, ça n'est tout de même pas beaucoup, j'ai fait un petit tour dans les couloirs et rencontré 3 supplémentaires. Ils étaient bien emmerdés, les mômes, ça se voyait. Mais ce n'est pas grave. Et en plus, je n'ai pas été aussi méchant qu'ils le pensaient.
Tout ça pour dire que dans nos quartiers, on n'arrivera à rien si les familles ne sont pas impliquées. Invitons les parents à venir nous voir en classe (si y a de la place) ; j'entends des hurlements, attention, j'ai pas dit "contrôle parental" sur les enseignants mais possibilité d'échanger et de constater ce qu'est l'école et son utilité.
Certaines initiatives vont plus loin et proposent des cours d'alphabétisation aux parents (souvent les mères). Cela créé une émulation avec les enfants et permet une dynamique positive dans le collège.
Sinon, 13 parents, c'est un bon score en ZEP, du moins dans ma ZEP. Oui, la mienne. C'est un peu chez moi, j'ai pas envie d'en partir.
Egalement, l'opérateur ne doit pas avoir été changé ; c'est fou comme les numéros changent au cours de l'année, ou d'une année sur l'autre.
Certains parents ne parlent pas le français, donc, lorsqu'ils viennent, c'est accompagnés, soit de l'élève concerné, donc, là, tu t'adresses à lui et il traduit ce qu'il veut bien, ou alors, tu as droit au frère ou à la sœur qui se comporte comme le tuteur légal, c'est-à-dire à coups de torgnoles envers le petit frère (ou la petite sœur, pas de discrimination dans la violence).
En général, les parents non francophones sont souvent âgés et complètement dépassés. Pas malhonnêtes ou quoi que ce soit : ils voudraient bien que fiston soit sage et travaille. Quel parent ne le voudrait pas ?
Autre problème, ceux qui ont été tellement convoqués qu'ils ne se déplacent plus. A quoi bon entendre les mêmes reproches ? Le seul truc qu'ils te disent c'est : "je n'y arrive plus, il (elle) ne m'écoute pas, rentre tard, fait ce qu'il veut etc.
Donc, l'autre soir, c'était réunion parents profs. Deux classe que j'ai. Une quarantaine d'élèves. 10 parents sont venus volontairement avec leur enfant. C'était très bien. On a causé, j'ai eu droit à des promesses, oubliées dès le lendemain.
Comme je suis un peu tordu et que 10 parents, ça n'est tout de même pas beaucoup, j'ai fait un petit tour dans les couloirs et rencontré 3 supplémentaires. Ils étaient bien emmerdés, les mômes, ça se voyait. Mais ce n'est pas grave. Et en plus, je n'ai pas été aussi méchant qu'ils le pensaient.
Tout ça pour dire que dans nos quartiers, on n'arrivera à rien si les familles ne sont pas impliquées. Invitons les parents à venir nous voir en classe (si y a de la place) ; j'entends des hurlements, attention, j'ai pas dit "contrôle parental" sur les enseignants mais possibilité d'échanger et de constater ce qu'est l'école et son utilité.
Certaines initiatives vont plus loin et proposent des cours d'alphabétisation aux parents (souvent les mères). Cela créé une émulation avec les enfants et permet une dynamique positive dans le collège.
Sinon, 13 parents, c'est un bon score en ZEP, du moins dans ma ZEP. Oui, la mienne. C'est un peu chez moi, j'ai pas envie d'en partir.
mardi 8 novembre 2011
Pas assez en forme
M. est très désappointé. Il s'est fait pécho et mettre en gardav : "hé Monsieur, lundi soir j'étais en gardav'"
- "Pourquoi ça ?"
- "J'ai cassé des trucs, wesh. Monsieur, ils courent à 40 km/h les keufs ou quoi ?"
- "Ils t'ont rattrapé ?"
- "Ouais"
J'aurais bien voulu lui signaler que sa condition physique n'est pas vraiment celle d'un coureur de fond mais bon.
Un peu plus tard, il se plaint de nouveau :
-"Vous vous rendez-compte, j'vais devoir payer 750 euros, nique sa mère la pute !"
- "Pourquoi ?"
-"Pour les dommages que j'ai faits, ils sont fous ou quoi, ils croient que j'vais payer ça, c'est trop, y z'ont qu'à niquer leur mère" etc.
Le monde à l'envers, quoi. On a pas la même réalité (c'est pas nouveau) ; chaque jour, on pense avoir touché le fond, mais il y en a qui creusent encore plus profond.
- "Pourquoi ça ?"
- "J'ai cassé des trucs, wesh. Monsieur, ils courent à 40 km/h les keufs ou quoi ?"
- "Ils t'ont rattrapé ?"
- "Ouais"
J'aurais bien voulu lui signaler que sa condition physique n'est pas vraiment celle d'un coureur de fond mais bon.
Un peu plus tard, il se plaint de nouveau :
-"Vous vous rendez-compte, j'vais devoir payer 750 euros, nique sa mère la pute !"
- "Pourquoi ?"
-"Pour les dommages que j'ai faits, ils sont fous ou quoi, ils croient que j'vais payer ça, c'est trop, y z'ont qu'à niquer leur mère" etc.
Le monde à l'envers, quoi. On a pas la même réalité (c'est pas nouveau) ; chaque jour, on pense avoir touché le fond, mais il y en a qui creusent encore plus profond.
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